Alpi Marittime et Mercantour: un passé, un présent et un futur partagés

Parcs sans frontière

A l’extrémité occidentale de l’arc Alpin, le massif de l’Argentera – Mercantour constitue un ensemble de près de 100 000 hectares de nature préservée. Spectaculaire liaison entre les Alpes et la Méditerranée, c’est aussi un espace historique d’échanges entre peuples et culture.

Ce massif est protégé sur son versant français par le Parc national du Mercantour et sur son versant italien par le Parco naturale Alpi Marittime issu de la fusion, en 1995, du Parco naturale dell’Argentera et de la Riserva del Bosco e dei Laghi di Palanfré.

A eux deux, ils abritent des patrimoines naturel et culturel uniques en Europe.

Pour préserver ces patrimoines communs, les deux espaces naturels sont jumelés depuis 1987, avec l’ambition commune de valoriser une continuité territoriale qui se joue de toutes les frontières. Cette collaboration très poussée, probablement parmi les plus abouties entre Parcs européens contigus, leur confère une place privilégiée pour accéder un jour au statut de premier Parc européen.

Une remarquable diversité de faune et de flore

La rencontre sur un même territoire des influences alpine, provençale, méditerranéenne et ligure est à l’origine de l’exceptionnelle diversité d’espèces animales et végétales. Il n’est pas rare de voir se côtoyer à quelques centaines de mètres les unes des autres des espèces alpines et d’autres typiquement méditerranéennes.

Les deux Parcs abritent plusieurs plantes endémiques qui ne poussent que dans une zone très délimitée comme la célèbre Saxifrage florulenta, spécifique du massif cristallin transfrontalier. Chamois, bouquetins, chevreuils, sangliers ... mais également loups, renards, hermines et marmottes sont quelques exemples des 58 mammifères qui habitent ces deux Parcs.

Par ailleurs, plus de 150 espèces d’oiseaux y sont dénombrées dont de nombreux rapaces prestigieux ; parmi eux, le gypaète barbu, magnifique vautour de 2,8 m d’envergure, qui fait l’objet depuis 1993 d’un programme de réintroduction international auquel participent les deux Parcs.

Véritable chemin vers la mer à travers les monts, ce massif voit les Alpes finir leur course et plonger dans la Méditerranée coté français. Les formes plus douces des montagnes préalpines, font place aux reliefs tourmentés des hautes chaines de l’Argentera – Mercantour. Les hommes se sont installés dans le massif il y a des millénaires donnant naissance à un paysage « construit » : terrasses, canaux d’irrigation, cabane d’alpage, etc.

Des siècles de relations entre les deux versants des Alpes

Les territoires de ces deux Parcs ont, de tous temps, été étroitement liés. Depuis la Préhistoire, l’Homme a habité ces montagnes, comme en témoignent les 36 000 gravures rupestres datées des âges du cuivre et du bronze que l’on peut admirer dans les vallées des Merveilles et de Fontanable.

Plus récemment dans l’histoire, les régions de Nice et de Cuneo ont développé de nombreux échanges qui ont nécessité la création de voies de communication, comme l’ancienne « Route du Sel ».

Enfin, au milieu du XIXème siècle, le massif Argentera Mercantour faisait alors partie du Royaume de Piémont-Sardaigne. Le souverain régnant, Victor-Emmanuel II, appelé également "le Roi Chasseur", fut le premier à se préoccuper de la sauvegarde de ces territoires. S'apercevant que les effectifs de chamois ne cessaient de décroître et que le bouquetin avait été éliminé, le Roi décida de créer le 26 décembre 1859 une "Réserve Royale de Chasse" sur les massifs du Mercantour et de l'Argentera.

Aussi, pendant des siècles, sur les deux versants des Alpes du Sud, des échanges humains et économiques se sont organisés, des modes de vie, des coutumes et des traditions très semblables se sont affirmés. C’est ainsi que s’est forgée dans l’Argentera –Mercantour, une forte identité commune renforcée par l’usage de dialectes occitans très proches.

Une coopération étroite

Depuis leurs créations, les deux Parcs développent une collaboration toujours plus étroite pour une même mission de protection et valorisation des richesses culturelles, paysagères et naturelles. Ils travaillent ensemble à la conservation de leur biodiversité, par exemple au travers du suivi d’espèces qui ne connaissent pas les frontières, comme l’aigle royal et le loup. Ils opèrent parfois des transferts de bouquetins, organisent des opérations de réintroduction du gypaète barbu. Ils échangent des savoir-faire, des personnels, développent des outils de gestion communs tels qu’un système d’information territorial et se concertent en matière de pédagogie, développement durable et culture...

Jumelés en 1987, les deux Parcs ont signé en 1998 une charte de coopération qui a pour objectif de renforcer leur identité transfrontalière. En juin 2013, les Parcs ont approuvé la création d’un Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT), outil juridique européen de gestion transfrontalière qui facilite la mise en œuvre de projets complexes et intégrés. A terme, ce GECT devrait surtout permettre de créer, au niveau juridique, une structure unique de gestion de l’espace protégé – donnant ainsi naissance à tous les effets au premier véritable Parc européen.

Pièces jointes


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